On compte aujourd’hui plus de 32 millions de scouts,
garçons et filles, dans le monde.
Quelques 250 millions de personnes, comprenant des personnalités
dans tous les domaines, ont été scoutes.
C’est impressionnant si l’on considère que le scoutisme a
commencé en 1907 dans un camp expérimental avec seulement une
vingtaine de garçons. Ce camp a eu lieu du 1er au 9 août 1907 sur
l’île de Brownsea, près de Poole, dans le Dorset en Angleterre.
Ce camp remporta un immense succès et prouva à son organisateur,
Robert Baden-Powell (familièrement appelé B.-P.),
que ses méthodes et sa formation plaisaient aux jeunes et donnaient
des résultats.
En janvier 1908, B.-P. lança un livre
intitulé "Scouting for Boys" (titre qu’on a traduit en français
par Éclaireurs). Ce manuel parut d’abord par chapitres publiés à
raison de deux par mois; chaque chapitre coûtait quatre pence.
Ce fut un succès immédiat.
Baden-Powell avait seulement eu l’intention de proposer une
méthode de formation pour les garçons, qui aurait pu être adoptée par
des organisations de jeunesse déjà existantes comme le YMCA
(Union chrétienne de jeunes gens). À sa grande surprise, les jeunes
s’organisèrent eux-mêmes en un mouvement destiné à devenir le
plus grand mouvement de jeunesse au monde.
1. Baden-Powell, le fondateur
La Jeunesse
Mais qui donc était Baden-Powell?
Il est né le 22 février 1857,
ce qui signifie qu’il avait 50 ans au moment du camp de Brownsea.
Ses nombreuses expériences de jeunesse et de soldat jouèrent un rôle
dans l’élaboration de ses méthodes éducatives.
Enfant —il avait six frères et trois sœurs —, il passait ses vacances
à faire du camping, des excursions et de la voile. Le montage de
tentes, la lecture de cartes et de boussole, la cuisine au feu de bois
sont quelques-unes des techniques auxquelles il s’initia.
Près de son école à Charterhouse en Angleterre, il avait l’habitude
de se glisser dans les bois, hors des limites autorisées. Là, il
apprenait comment effacer ses traces, grimper aux arbres et à se
camoufler pour échapper à l’attention de tout professeur qui aurait
passé par là.
La carrière Militaire
En 1876, B.-P. fut envoyé en Inde en tant que jeune officier de
l’armée britannique spécialisé dans la reconnaissance, le relevé
topographique et le rapport. Son succès fut tel qu’il devint bientôt
instructeur.
Les méthodes de B.-P. n’étaient pas très courantes à l’époque. Il
aimait bien créer de petites unités — des patrouilles — travaillant
ensemble sous les ordres d’un chef; les soldats les plus méritants
obtenaient des récompenses spéciales, notamment une badge qui
ressemblait au symbole traditionnel du point Nord sur la boussole.
(c'est la Fleur de lys)
L’emblème scout mondial inclut toujours ce symbole.
Par la suite, B.-P. fut envoyé en mission dans les Balkans, en Afrique
du Sud et à Malte. Il retourna en Afrique en 1899 lors de la guerre
des Boers pour participer à la défense de la ville de Mafeking, dont
le siège dura 217 jours.
Ce siège se révéla un test crucial pour les méthodes de reconnaissance
mises au point par B.-P. Le courage et l’habileté des garçons
qui faisaient partie du groupe des messagers l’impressionnèrent
fortement. Ses hauts faits personnels en firent un héros en Angleterre.
Le scoutisme
De retour chez lui, il constata qu’un petit livre qu’il avait écrit pour
les soldats (Aids to Scouting) était utilisé par la Boys
Brigade et parles Boys Clubs pour enseigner aux jeunes l’observation et la vie dans
les bois. C’est alors qu’il eut l’idée d’expérimenter ses méthodes sur
le terrain avec des jeunes: le camp de Brownsea fut cette expérience.
Dès lors commence pour B.-P. ce que lui-même appelait sa «deuxième
vie», qui se confond avec l’histoire du Mouvement scout.
En 1910, il quitta l’armée sur les conseils du roi
Édouard VII pour consacrer tout son temps au mouvement naissant.
Il entreprit une série de voyages dans le monde pour le promouvoir.
Il devait notamment
effectuer quatre voyages au Canada (1910, 1919, 1923, 1935).
En 1912, il épousa Olave St. Clair Soames,
qui soutint ardemment
son mari et l’aida jusqu’au bout à remplir sa mission. Le couple eut
trois enfants, Peter, Heather et Betty.
Lors de la cérémonie de clôture du premier jamboree mondial, à
Londres en 1920, B.-P. fut proclamé Chef scout du monde
. Ce titre ne fut plus jamais attribué après sa mort.
Lors du 3e jamboree
mondial, à Birkenhead (Angleterre) en 1929,
le fondateur du scoutisme
fut anobli et prit le nom de Lord Baden-Powell of Gilwell, du
nom du centre de formation pour adultes qu’il avait créé en 1919.
Auteur infatigable, B.-P. a écrit 32 livres,
dont la moitié a été traduit en français.
Il a obtenu un grade universitaire honorifique
d’au moins six universités et il a reçu à l’étranger 28 ordres et
décorations.
En 1938, il décida de retourner en Afrique pour y finir ses jours, car
sa santé se détériorait (il avait 81 ans). Il choisit de s’établir à Nyeri
au Kenya, où il s’éteignit le 8 janvier 1941 à l’âge de 83 ans.
Jusqu’à sa mort en 1977, Lady Olave Baden-Powell poursuivit
l’œuvre de son mari, contribuant au développement du scoutisme et
du guidisme dans le monde entier.
Quelques dates
2. L’évolution du Mouvement scout
dans le monde
Le succès de Scouting for Boys en 1908 créa un mouvement qui,
rapidement et presque automatiquement, adopta le nom de Boy
Scouts (Éclaireurs). Certaines Grandes têtes du mouvement du plan international au local
En 1909, Scouting for Boys était déjà traduit en
cinq langues et un rallye attira à Londres plus de 11 000 scouts.
En 1910, on comptait plus de 100 000 scouts en Grande-Bretagne et
le scoutisme avait déjà commencé à se développer au Chili, au
Canada, en Inde, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Allemagne,
en France, en Suède, en Norvège, en Argentine, à Singapour et au
Mexique.
La Première Guerre Mondiale, commencée en 1914, aurait pu
amener l’effondrement du mouvement, mais la formation par le
système des patrouilles fit ses preuves. Des chefs de patrouille
prirent la succession des chefs adultes qui s’engageaient dans
l’armée. En outre, les scouts participèrent directement à la Guerre de
diverses manières, notamment en tant que garde-côtes.
Éclaireuses, louveteaux et routiers
Au début, le programme scout ne s’adressait qu’à des garçons de 11
à 18 ans. Mais très vite, les filles voulurent faire partie du mouvement.
En 1909, B.-P. confia à sa sœur Agnès le soin d’adapter son idée aux
filles: les Éclaireuses étaient nées. Après son mariage en 1912, son
épouse Olave prit en charge la nouvelle organisation féminine.
Le scoutisme attirait également les plus jeunes. Baden-Powell leur
proposa un autre programme, qu’il résuma dans Le Livre des
Louveteaux, publié en 1916.
Et comme beaucoup de ceux qui
avaient été éclaireurs désiraient continuer dans le Mouvement, le
fondateur conçut à leur intention le programme des Rovers (routiers),
qu’il présenta dans La Route du Succès en 1922.
Conférences et jamborees mondiaux
Le premier jamboree mondial eut lieu à Londres en 1920, rassemblant
8 000 scouts en provenance de 34 pays. Vingt jamborees
mondiaux ont eu lieu depuis, le dernier en Thaïlande en 2002
(Et tenu du 1er jamboree sous régional desgrands lacs africains au Burundi
avec plus de 1800 jeunes rwandais, congolais et Burundais)
En 1920 eut lieu également la première Conférence internationale
du scoutisme, à laquelle participèrent 33 organisations scoutes. Le
Bureau international du scoutisme (appelé aujourd’hui Bureau
mondial du scoutisme) fut créé la même année.
Au premier recensement
mondial en 1922, on dénombrait plus d’un million de scouts
dans 31 pays.
Une expansion continue
Entre les deux guerres, le scoutisme continua à progresser dans le
monde entier à l’exception des pays totalitaires. Quand vint la
Deuxième Guerre Mondiale en 1939, les scouts jouèrent à nouveau
un rôle précieux: messagers, surveillants de feu, brancardiers,
récupérateurs, etc.
Dans les pays occupés, le scoutisme a joué un
certain rôle au sein des mouvements de résistance et de maquis.
En 1957, le Bureau mondial déménagea de Londres à Ottawa, au
Canada.
En 1968, il fut transféré à Genève, en Suisse,
où il est toujours situé.
La 15e Conférence mondiale
du scoutisme eut lieu à
Niagara Falls en 1955, la 23e se déroula à Montréal en 1977.
En 1971, l’Organisation mondiale du Mouvement scout (OMMS)
comptait 100 associations membres. Après l’effondrement du communisme
en 1989 et au début des années 90, le scoutisme a repris vie
dans de nombreux pays où il avait été interdit. L’Organisation mondiale
a alors connu une nouvelle expansion.
En 1999, l'OMMS reconnaissait
des associations scoutes nationales dans 152 pays.
Quelques(autres) dates

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