Le scoutisme est introduit au Congo Belge à l'initiative
des missions catholiques y implantées vers les années1890. Ses origines sont
confondues avec plusieurs autres activités pour la jeunesse: Enseignement,
sport, gymnastique, oeuvres sociales. En général c'était une activité scolaire
qui intégra après le monde du travail. Il fut un moyen puissant pour la
socialisation des jeunes.
Après la première guerre mondiale, suite à la
révendications des "évolués", l'Etat Colonial utilisa le scoutisme (et autres
formations de la jeunesse)comme structure d'éducation et de formation de la
jeunesse autochtone.
A l'Indépendance, plusieurs personnes formées à l'école
du scoutisme occupèrent les plus hautes responsabilités à la tête de jeune
Etat.
Cette page d'histoire du scoutisme au congo tracera les débuts, la
structure, la nature de la formation donnée aux jeunes et le type d'élite formé
par ce mouvement et leur apport à l'évolution du pays.
Tout commence en 1920 à Mpala (bord du lac
Tanganyika) sous forme de Sea-scoutisme. C'est fut à l'initiative du Père
TIELMANS des Pères Blancs, supérieur de la mission de Mpala. Dans cette région
située au bord du lac et composée principalement d'une population de pêcheurs,
le missionnaire conçut l'idée de donner aux jeunes Congolais une formation
spéciale destinée à leur permettre de devenir de meilleurs navigateurs. C'est
ainsi qu'il créa à leur intention une véritable " école de navigation " et leur
apprit à construire des barques beaucoup plus solides que les pirogues qu'ils
utilisaient précédemment, et introduisit la navigation à voile.
A l'autre
extrémité du pays, à Léopoldville, la première unité scoute fut constituée en
1922. Elle était dénommée " Troupe Saint-Norbert ", du nom de son
responsable Norbert Laude, le futur recteur de l'Université Coloniale d'Anvers,
qui l'avait créée avec le Père Raphaël de la Kethulle. Cette troupe congolaise
avait été fondée dans le cadre de la " Fédération Sportive " animée par
le Père Scheutiste, afin de compléter l'œuvre scolaire des missions Catholiques.
Une autre troupe fut fondée à Tumba à la mission des pères Rédemptoristes, sous
la direction du Père Van Dyck. Cette série de réaction d'unités à travers le
Congo porta à vingt-cinq le nombre de troupes scoutes congolaises à la fin de
1929.
Les efforts d'implantation du scoutisme catholique au Congo avaient
reçu, dès le début, l'appui des plus hautes autorités ecclésiastiques. Le
cardinal Mercier avait reçu les membres du Comité Colonial et les avait
encouragés dans leur entreprise, estimant que le scoutisme catholique était
susceptible de faire plus de bien au Congo qu' en Belgique. Les troupes du Congo
étaient dénommées " Fédération des Eclaireurs Catholiques du Congo Belge
(F.E.C.C.B)" et étaient affiliées à la fédération du " Scoutisme Catholique
belge ". Le lieutenant Laude en était le Commissaire Général, l'Abbé Genin,
Aumônier Général, et le Commissaire René Weverbergh, Secrétaire Général. Le
Comité Directeur était composé également du Père Tielemans et de Joseph Rhodius.
Les délégués en Afrique étaient le Père de la Kethulle, le C.D. Luyten et Henri
Durand. Au Congo, les troupes dépendaient directement du supérieur de la mission
et on tendait à les grouper par Vicariats et Préfectures Apostoliques sous le
contrôle de missionnaire inspecteur des écoles.
La troupe fondée à
Léopoldville en 1922 était confrontée à des difficultés de tout genre et connut
une première éclipse. Au lendemain de Noël 1927, Henri Durant entreprit les
premières démarches pour la formation d'une nouvelle troupe scoute. Contacté, le
Père de la Kethulle donna son accord pour que le recrutement se fasse parmi les
élèves de l'école moyenne et professionnelle de Scheut, fournit un local
provisoire et choisit, en accord avec l'aumônier, les quatre élèves qui étaient
censés devenir de bons scouts, parmi lesquels Albert Amani, futur abbé, et
Eugène Moke, futur évêque auxiliaire de Kinshasa. A Pâques 1929, l'évêque de
Léopoldville Bénissait leur promesse et accueillait huit nouveaux
aspirants.
Au départ de Henri Durant en 1930, la troupe cessa à nouveau
ses activités. En 1938, le mouvement reprit sous l'égide de Pierre de Boever
assisté du dynamique Père de la Kethulle à la mission Sainte- Anne. Puis, avec
le Père Alexandre Van den Heuvel, fondateur de l'hebdomadaire La croix du
Congo, il créa, de concert avec le Père Gérard Liétard, et avec comme
Assistant de troupe le congolais Benoît Botomba, ancien de l'unité Saint-
Norbert, " l'Unité Saint- Georges ", composé des élèves des Frères des Ecoles
Chrétiennes de Kintambo ou Léo II. Une quatrième unité appelée " Prince
Baudouin " fut lancée à Kalina pour les enfants européens. Dès lors était
constitué le noyau qui allait permettre au scoutisme de rayonner à travers
Léopoldville, surtout à l'arrivée de Michel Ugeux, Commissaire régional, qui
entama la réorganisation du mouvement à partir de1946.
Selon les termes
utilisés par Baden- Powell, son fondateur, le but de scoutisme est de former "
de bons citoyens aimant Dieu ". A la suite de cet idéal, la F.E.C.C.B se
donnait comme objectif de répandre au Congo Belge la conception catholique
scoute de la vie. Par sa méthode d'éducation
Au moment de sa promesse , le scout
s'engageait sollennellement sur son honneur et avec la
grâce de Dieu, à remplir de son mieux ses devoirs envers Dieu, l'Eglise, le Roi
la Patrie; à aider son prochain en toute circonstance, à observer la loi
scoute.
les 10 articles de cette loi(
mettant en exerge les qualités suivantes:-Loyauté, -Fidèlité, -Service,-Amitié,-
Obéissance, -Courtoisie, -respect de la création, -Bonne humeur, -Economie et
-Pureté)ainsi que la Méthode scoute(avec ses 7 élements: -Loi
et Promesse, -Système d'équipe, -Education par l'Action,Relation éducative,
-Cadre symboliqque, -Progression personnelle et -Nature)tendaient à éduquer
positivement les jeunes pour en faire des hommes et des femmes loyaux, actifs,
utiles à eux mêmes et à toute la communauté, et des chrétiens
convencus.
Bien souvent, les troupes d'Eclaireurs dans les missions du
Congo ont débuté là où existaient déjà des troupes des gymnastes. On donnait à
cette troupe une impulsion plus vigoureuse et un but de formation plus générale
qui visait non seulement au développement physiqque mais qui envisageait aussi
et principalement la formation morale et intellectuelle des jeunes. On estimait
que les mouvements d'ensemble que comportait la gymnastique avaient donné aux
jeunes un certain sens de la discipline et de l'ordre qu'il fallait approfondir
en formant le caractère.
S'impreignant de la Méthode scoute, les
missionnaires organisaient des proménades en groupe au cours desquelles ils
décelaient les Eclaireurs susceptibles de devenir des chefs.On pensait que le
scoutisme correspondait à la mentalité du Jeune Noir et que celui-ci trouvait
dans les activités de la Patrouille l'occasion de mettre à profits ses
facultés d'observation. La formation réposait aussi sur l'hypothèse que le port
de l'Uniforme, l'usage des Badges qui témoignaiaent d'une aptitude ou d'un
talent professionnel spécial, le cérémonial en vigueur en différentes
circonstances (promesses, nomination, etc,...) convenaient parfaitement à
l'apprentissage du noir.
En 1925 fut constitué la fanfare de la
"Troupe Saint -Norbert" appelée "Harmonie Sainte Cécile". Elle
comptait 80 instruments et contribua au prestige de l'école de Saint Joseph du
Père de la Kéthulle. Elle connut un très grand succès d'autant plus qu'il
n'existait pas encore de musique militaire à Léo. Elle accueillit très vite des
jeunes gens agés de plus de 25 ans et des gamins de la Rue dont le
parcours personnel prit une autre direction grâce à leur formation au sein de la
fanfare.
Il existait des convergences entre le scoutisme
et la colonisation. Cette proximité entre l'idéal scout et l'idéal colonial
était caractérisée par la participation de nombreux coloniaux dans le mouvement
scout congolais des ses débuts. Norbert Laude, commissaire Général des
"Eclaireurs Catholiques du Congo Belge" jusqu'en 1931, et à qui l'on doit en
grande partie l'essor du scoutisme au Congo, était le recteur de l'Université
Coloniale à Anvers. Par ailleurs, des anciens scouts Belges destinés aux
professions coloniales étaient souvent sollicités pour aller " servir" le
scoutisme congolais. Au Congo, ils appliquaient la méthode scoute comme
technique d'encadrement des jeunes.
Il était souvent demandé aux scouts
et chefs scouts de Belgique d'aider au développement du scoutisme dans la
colonie en "parrainant" des troupes congolaises. Ce "parrainage" consistait à
établir des relations entre des troupes belges et des troupes congolaises:
correspondance entre les deux structures par le canal des missionnaires, soutien
aux "filleules" par des dons ( ballons de football, clairon, petit drapeau,
etc.).
Au point de vue structurel, le scoutisme congolais était rattaché
au comité Colonial qui résidait en Belgique. Cet organe était chargé de
conserver un contact perpétuel entre la Belgique et le Congo et donnait les
grandes directives d'action. Il cherchait également à fournir aux troupes de la
colonie le matériel nécessaire de fonctionnement. Il était représenté au Bureau
Central de l'Association qui collaborait de toute son influence pour étendre
l'action scoute au Congo.
Par ailleurs, la "Fédération des Eclaireurs
Catholiques du Congo Belge ( F.E.C.C.B)" avait des liens très étroits avec le
scoutisme belge. A partir de 1929, elle formait avec la "Fédération des Scouts
Catholiques (F.S.C)" et avec le " Vlaamsch Verbond der Katholieke Scout ( VVKS)",
une " Association Nationale" unique dénommée Baden- Powell Belgian Scouts,
Association du Scoutisme Belge. Le rattachement des scoutes catholiques du Congo
Belge à l'association répondait aux modalités fixées dans un règlement spécial.
Leur responsable laïc et l'aumônier en chef ou les délégués de ceux-ci étaient
membres du Conseil Général plénier. En 1931, les effectifs de l'Association des
Baden-Powell belgian Scouts étaient de 8.152, dont 1.460 scouts Noirs.
Les objectifs du mouvement rejoignaient également les buts de la colonisation en ce
sens que le scoutisme était considéré comme un des meilleurs moyens d'éducation
des autochtones. Par ailleurs, les responsables des troupes se tenaient le plus
possible en contact avec les autorités coloniales de manière à orienter le
scoutisme dans le sens le plus favorable à la politique indigène suivie et aux
intérêts économiques qu'il importait de pouvoir. Pour cela, on insistait
Outre la "formation scoute" proprement dite, les activités du
mouvement consistaient également à apprendre aux jeunes l'histoire de la colonie
et celle de la mère- partie. On leur apprenait aussi à être reconnaissant envers
la société coloniale qui leur avait apporté les bienfaits du christianisme ainsi
que les avantages de la civilisation. Un autre accent portait sur les rudiments
de différents métiers qui faisaient aussi l'objet de leur travail en
"Patrouilles" et qu'ils pouvaient développer suivant leurs aptitudes ou même
choisir plus tard comme profession. Ainsi formés, les Eclaireurs deviendraient
des élites de leurs compagnons et pourraient à leur tour former leurs frères de
race.
L'aspect professionnel et utilitaire, introduit dans la formation scoute,
s'était concrétisé par l'incitation à l'apprentissage des métiers liés aux
activités économiques pratiques dans les régions où étaient implantées les
troupes. A la mission de Mpala où la population était composée majoritairement
des pêcheurs, le P.Tielemans dirigeait tous les scouts vers l'apprentissage d'un métier,
essentiellement la construction des barques, et leur enseignait les principales
connaissances requises pour naviguer. Dans la région industrielle d'Elisabethville,
les scouts noirs étaient préparés spécialement aux travaux mécaniques. Les troupes
des région sagricoles de Baudoinville (Moba) et Stanleyville (Kisangani) se
consacraient aux travaux pratiques et notamment à ceux de l'agriculture.
Le soutisme fut un creuset particulièrement fertile parce qu'il donna au Congo
de nombreuses élites tels les 1ers prêtres de Léo.
A la pentécote de 1946, trois anciens élèves scouts de l'école saint-joseph furent
ordonnés prêtres. Il s'agissait de Joseph Albert MALULA, Eugène MOKE et Albert
AMANI. Pour ce qui concerne les cadres autochtones du mouvement, le scoutisme forma des
chefs de qualité comme Antoine NGWENZA, Benoît BOTOMBA ou encore Simon MOKEMO.
Le 1er était ancien scout de Henri Durant et c'est lui qui organisa une des troupes
de Léo avec le Père Jos Ceuppens pendant la 2è Guerre mondiale.
Il devint le de CT breveté de la 1ere Léo et Benoit Botomba fut le Chet de la 3è Léo.
Simon Mokemo, quant à lui, était le principal propagandiste de la troupe de Léo II et
fut l'initiateur de l a1ère troupe de Boma.
A partir de 1943 fut publié le bulletin mensuel intitulé Echo Scout,
en français et en Lingala, dont le but était d'être utile à tous les scouts en
mettant à leur disposition l'information nécessaire qui devait leur permettre de Servir
et d'être loyaux, bons et purs.En janvier 1960, cet organe fut baptisé Pistes africaines
La fin de la 2è Guerre Mondiale en 1945 a été caractérisée, au Congo-Belge,
par lémergence de la classe sociale des "Evolués. Ceux-ci
revendiquaient un statut spécial et souhaitaient bénéficier de certains avantages parmi
lesquels l'accès à des écoles supérieures, la possibilité de fréquenter les universités belges,
l'amélioration de l'éducation de la jeune fille ...
En réponse, l'administration, les missions et les sociétés créèrent
ou stimilèrent un grand nombre d'activités: Réforme scolaire, réorganisation ou intensification des
groupement de jeunesse, servicxes socio-éducatifs, etc. c'est dans ce cadre que
le scoutisme réçut une nouvelle impulsion.
Au point de vue de son organisation,
la FECCB continuait à avoir des liens particuliers avec le scoutisme belge.
C'est ainsi qu'elle était rattachée à "l'Association Royale des Scouts Baden-Powell
de Belgique" et par elle à "l'Interfédérale Belge du Scoutisme,
cette dernière étant elle-même rattaché au "Bureau International du Scoutisme" (canada).
Par "Arreté royal du 9 juin 1954, la FECCB réçut la personnalité civile. Ces relations particulières
avec l;a Belgique étaient illustrées par la création du Centre Congo en Belgique en 1958.
Poursuivant des objectifs en étroite collaboration avec VVKS et avec la fédération des Guides catholiques,
le centre voulait "intéresser tous les membres à la situation du scoutisme au Congo, notamment
par la voie des révues, développer les relations entre le scoutisme
belge et congolais par des réunions de contact, des échanges d'informations et des rencontres entre
, d'une part, les chefs scouts congolais en congé en Belgique, d'autre part les chefs du VVKS
et la FSC ainsi que les responsables du centre Congo; apporter au scoutisme congolais toute
l'aide matérielle et financière possible..."
Au plan National, la direction du scoutisme
comprenait un Commissaire Fédéral, un Commissaire Fédéral
adjoint et un aumonier Fédéral. Au niveau régional, on avait un
Commissaire Régional et un Aumonier Régional dans les huit provinces
de Léopoldiville (6.500 membres); Katanga (3.500 affiliés);
stanleyville (4.500 scouts); Kivu (800 membres); Niangara (1.500 mb);
Lolo (300 affiliés); Kasaï (3.000 scouts) et Ruanda-Urundi (500 mb)
Au niveau local il existait trois branches (unités):
Celle des "Louveteaux"(7 à 10/11 ans)
; celle des "Eclaireurs" (10/11 à 14/16 ans)
et celle des "Routiers"(+ de14/16)
A Léo le mouvement fut réorganisé par Michel Ugueux à partir de
1946. Arrivé pour le compte de la brasserie, il lança un Clan de l'
Etoile chargé de la formation des Chefs congolais capables de
conduire une troupe, organisa des sessions de formation des chefs et
créa des nouvelles unités.
le réglèment de la Troupe St-Norbert de
Léo stipulait en son article 8, que toute nouvelle affiliation dans
la troupe était assujettie à des critères bien définies: <être agé
de 13 à 17 ans, avoir l'autorisation parentale, prouver qu'on, est
catholique ou alors païen désirant de se faire baptiser.>
En janvier 1946, il y avait deux unités complètes à la paroisse St-Pierre.
A Kintambo ou Léo II il y avait 2 unités mais incomplètes. Ainsi la ville de
Léo comptait environ 200 scouts noirs issus de milieux différents.
Tous étaient chrétiens ou cathécumènes, payaient leurs uniformes,
versaient leurs cotisations et étaient stimulés à l'épargne. Ces
nombres passeront à 541 (1956); 652 (1957) et 800 (1959).
L'influence du contexte politique colonial sur le scoutisme congolais
était réelle et s'était manifesté de différentes manières. Après le
voyage du roi Baudouin au Congo en 1955, la préoccupation de la
politique coloniale fut de poser les bases d'une large communauté
Belgo-Congolaise. L'on retrouve ce souci de rapprochement
même dans les discours du scoutisme. Dans un article "
La communauté
fraternelle Blanche et Noire", Gérard Solesmes plaidait
pour la mise en place de cette communauté en citant l'exemple
des scouts Noirs & Blancs unis au camp de la Fresnaye près
de Buizingen en Belgique.
C'est la nomination du libéral
Auguste Buisseret au ministère de colonies en avril 1954 exerça
une action considérable sur l'évolution du scoutisme dans la colonie.
Pour diminuait l'influence de l'église catholique, il
encouragea la création des structures neutres.
C'est à la suite de cette attitude du gouvernement que
l'Eglise adopta une position franchement favorable à l'émancipation politique du
Congo . Dans cette optique, elle se décida de se consacrer à la formation
politique des laïcs congolais dans le but de les intégrer dans la vie politique,
des congolais qui placeraient les convictions chrétiennes au-dessus d'autres
prétentions . Dès lors, le scoutisme catholique comme les autres groupements de
jeunesse de la même confession, intensifièrent la formation des congolais.
Cet effort fut porteur, car le nombre de personnalités congolaises formées à l'école
du scoutisme était impressionnant. Pour ce qui concerne l'Eglise du Congo, on
peut citer Joseph Albert Malula, qui fut sacré évêque auxiliaire de Kinshasa en
septembre 1959, archevêque en juillet 1964 et créé cardinal le 28 mars 1969 ;
Eugène Moke, évêque auxiliaire de Kinshasa et administrateur apostolique de
l'archevêché après le décès du cardinal Malula ; Mgr Kongolo, évêque de Luebo
(Kassaï) ; Mgr Martin Bakole, évêque de Kananga. Ces personnalités de la
hiérarchie de l'Eglise du Congo avaient conservé un esprit positif, un bon sens
caractérisé et un réel désir de servir le pays et l'Eglise. Les Congolais ont en
mémoire l'oeuvre considérable accomplie par le cardinal J.A. Malula, que nous
pourront retracer ici dans sa totalité. Nous nous limiterons à évoquer son
engagement dans le processus de la décolonisation du Congo, son combat pour une
Eglise africaine, ses nombreuses initiatives en faveur de la promotion du laïcat
au sein de l'Eglise.
Dans la vie politique, on retrouvait aussi plusieurs
personnalités qui étaient passées par le scoutisme. Un tiers des délégués
africains à la "table ronde" de Bruxelles étaient d'anciens scouts, parmi
lesquels François Kasongo, Prosper Mayumba et Jean Kibwe (KONAKAT) ; Gabriel
Kitenge (Union Congolaise) ; Joseph Ngalula (M.N.C./Kalonji) ; Philibert Luyeye
(Cartel) ; Joseph Kayemba (BALUBAKAT). D'autres membres anciens occupaient de
hautes responsabilités politiques après l'indépendance du pays : Antoine Ngwenza
était ministre d'Etat dans les gouvernements Lumumba et Ileo, Joseph Ngalula,
premier ministre de l'Etat autonome du Sud Kassaï, Thomas Kanza, délégué à l'ONU
du gouvernement Lumumba et actuel ministre du gouvernement Kabila, Laurent
Mbariko, secrétaire d'Etat à la Défense du gouvernement Ileo. D'anciens scouts
firent partie également du Collège des commissaires généraux mis en place en
septembre 1960 par le Colonel J.D. Mobutu : Mario Cordoso (délégué à l'ONU),
Albert Ndele (Commissaire Général aux Finances), José Nussbaumer (Commissaire
Général a l'Intérieur). Honoré Waku (Commissaire Général à l'Education).
Parmi les responsables des provinces, il y avait Simon Mokeme, ministre des
télécommunications de l'Equateur, Jean-Baptiste Ntete, ministre du travail et
des affaires sociales de la province de Léopoldville, Basile Mabusa, ministre de
l'éducation de la même province. Dans l'Etat sécessionniste du Katanga, quatre
membres du gouvernement étaient également d'anciens scouts : Kibwe, ministre des
finances, Kitenge, secrétaire d'Etat aux travaux Publics, Kiela, ministre des
télécommunications, Evariste Kimba, ministre des affaires étrangères (du
Katanga) et premier ministre désigné le 18 octobre 1965 en remplacement de Moïse
Tshombe, qui connut une fin tragique. En effet, à la suite du procès de la
pentecôte, il fut pendu avec Alexandre Mahamba, Emmanuel Bemba et Jérôme Anany
en juin 1966 sur une place publique de Kinshasa.(Arrivé au pouvoir le 25 novembre 1965
à la suite d'un coup d'état militaire, le régime du Général Mobutu accusait les quatre
hommes de tentative de coup d'état et d'assassinat contre les généraux
Désiré Mobutu le président, Mulamba le 1er ministre et Bobozo le commandant
en chef de l'armée).
Evolution du Guidisme